La revanche du Dragon
1991-1992

Un seul mot à la bouche des Dragons en ce début de saison 1991-1992 : Revanche. En effet, après une saison dernière passée à dominer outrageusement leurs adversaires avec une fiche en saison régulière de 24 victoires pour 4 défaites, les Normands se faisaient cueillir en finale par les Brûleurs de Loups de Grenoble ne pouvant inverser lors d'un match retour disputer en Normandie à Caen (5-5) la tendance d'une première rencontre perdue à la patinoire de Clémenceau 5-4. Malheureusement pour les Dragons, les Normands ne pourront se venger cette saison là en tout cas pas face à Grenoble en liquidation judiciaire, contrait de descendre d'un échelon.

C'est dans un paysage moribond du hockey français où chaque club est en proie aux difficultés financières que le championnat rebaptisé Ligue Nationale s'amorce avec des Dragons toujours privés de patinoire, la nouvelle patinoire rouennaise devant être inaugurée au mois de janvier 1992. Bien qu'exilés au Havre, les Dragons qui n'auront guère connus de bouleversements à l'intersaison (A noter néanmoins, l'arrivées de quelques poids lourds du hockey rouennais qui écriront quelques pages intéressantes du RHC comme Serge Poudrier et son lancer magique de précision en provenance de Bordeaux, Jean-Philippe Lemoine de Grenoble et sa présente dissuasive dans les bandes ou encore le russe au patinage incroyable de vitesse Andreï Vittenberg qui défraiera la chronique deux plus tard, kidnappé de son plein gré par le Président Bounoure de Brest alors qu'il était encore sous contrat à Rouen) vont de succès en succès sans pour autant dominer outrageusement une première phase à huit clubs où trois prétendants prennent rapidement les devants, Rouen, Chamonix et Briançon qui plafonnent tous trois à onze victoires pour trois défaites au terme de la première phase. Derrière, le désert s'installe même si Reims et Amiens tentent de donner le change, Viry, Clermont et Epinal ne sont là que pour la figuration à tel point que Clermont sinistré financièrement mais qualifié sportivement parmi les six refuse son accession en poule finale au bénéfice de Viry. Tandis que Clermont et Epinal éliminés au terme de la poule de huit terminait leur championnat en division inférieur, un double aller-retour entre les six rescapés de l'élite (Rouen, Briançon, Chamonix, Viry, Reims et Amiens) devait permettre de terminer le successeur des Brûleurs de Loups de Grenoble. L'absence de play-offs rendait la deuxième phase un peu plus saveur sans pour autant démobiliser des Dragons gourmands en titre.

Ainsi, dès l'amorce du premier aller-retour, les Normands prenaient l'ascendant sur leurs adversaires en ne concédant qu'une seule défaite à Chamonix et mettant au supplice les briançonnais au tirs aux buts dans sa patinoire flambante neuve qu'ils avait étrennés la journée précédente comme un signe du destin face aux rivaux amiénois (victoire de Rouen 6-2) Il ne restait que dix matchs à négocier pour obtenir un deuxième titre de champion de France pour les Normands. Et d'entrée de jeu, Chamonix lâchait de précieux points à Briançon (4-8) permettant aux Dragons de posséder une marge de trois points d'avance sur les chamoniards et deux les briançonnais. Dès lors, le fossé entre Rouen et ses adversaires était irrémédiablement creusé. Tandis que Briançon lâchait définitivement prise en s'inclinant face à Amiens, même si Chamonix comblait une belle partie de son déficit en venant à bout du Dragon (5-2), les Dragons ne seront jamais rejoints. Le mano a mano Rouen – Chamonix tenait la distance jusqu'à la lourde défaite de l'équipe alpine 7-2 à Rouen. Le ressort cassé au pied du Mont-Blanc, c'est au soir de la 18 ème journée de la seconde phase que la Coupe Magnus retrouvait l'un de ses lieux de villégiature préféré, les bords de Seine, champions de France pour la deuxième fois de son histoire à deux journées de la fin du championnat.